Mes vielles à roue
J'ai une fascination pour cet instrument créé au Moyen Age pour soutenir les chants sacrés dans les églises. J'aime m'accompagner à la vielle à roue, lier la vielle à ma voix comme il était de coutume à l'époque des troubadours et des trouvères. Il y a quelque chose d'envoûtant dans le chant de la vielle, de chamanique dans la vibration des bourdons. Je n'aime que les vielles plates, car la caisse de résonance plaquée sur le bassin fait participer le corps au son. Nous avons tous un bourdon dans la voix parlée ou chantée, et quand ce bourdon est en harmonie avec la vielle, il y a alors une communion sensuelle avec l'instrument.
« Le bois qui chante » est une exposition que j'anime en présentant 1000 ans de vielle à roue, historique et fonctionnement, démonstration de musiques médiévales, Renaissance, baroques, traditionnelles et contemporaines avec différentes vielles, et bien sûr des contes et légendes parlant de cet instrument.
Je possède une Chifonie, l'ancêtre de la vielle à roue. Elle est inspirée d'une des deux vielles qui figurent sur une enluminure des Cantigas de Santa Maria d'Alphonse X Le Sage, roi de Castille et de Léon au 13e siècle. La caisse de résonance en noyer est sculptée avec des chevrons. Elle a deux chanterelles en organum parallèle et un bourdon. Cet instrument a été fabriqué en 1984 par le luthier Denis Siorat qui habite en Lozère.
Ma première vielle à roue soprano est inspirée d'une vielle de la fin du Moyen Age. Bois utilisé pour la lutherie : érable et merisier pour la caisse de résonance et les caches, cormier et buis pour les touches et l'accastillage. Elle est en sol-do et électrifiée. C'est une ancienne vielle Maxime Boireaud, luthier Bourguignon maintenant retraité, dont la tête a été modifiée.
Mon troisième instrument est inspiré d'une vielle Renaissance. Caisse trilobée légèrement bombée en épicéa et érable ondé avec deux rosaces en buis, tête, caches et cordier en érable ramageux, accastillage et clavier en buis. Elle est en sol-do, avec deux chiens, et électrifiée. Son timbre est chaud et puissant. Pour la réaliser en 2008, je me adressée au luthier Bernard Kerboeuf, Breton installé en Berry.
Ma vielle à roue baroque est inspirée d'une vielle plate du début du 18e siècle. Caisse en épicéa et érable ondé, caches en noyer avec filets ébène, touches et accastillage en cormier et buis, marqueterie du tour de la table en nacre, ébène et cormier. Un capodastre installé sur la corde trompette permet de jouer en ré ou sol-do. Elle est électrifiée. Le son est net, plus doux que celui des vielles rondes traditionnelles. Pour la réaliser en 2006, je me suis adressée à Bernard Kerboeuf.
Ma dernière vielle est contemporaine, mais inspirée d'une vielle du début de la Renaissance. La forme de caisse ovale trilobée est apparue au 15e siècle. Elle est en épicéa, érable et noyer, avec accastillage en ébène. Tonalité sol-do. Son timbre grave et puissant est presque alto. Elle a été fabriquée en 1995 par Philippe Mousnier, luthier près de Nontron en Dordogne.
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